Façade de la Cathédrale Sainte-Anne à Apt

Avant Propos

 

L e propos, ici, n'est pas de reprendre la totalité de l'ensemble de l'histoire d'APT, mais seulement d'apporter un éclairage historique sur les évènements qui à l'époque de la construction et de la décoration de l'Hôtel ont eu une influence particulière.

Pour ceux, tentés par la connaissance de l'histoire d'APT, je propose qu'ils se réfèrent au manuscrit historique de G.de REMERVILLE. Cet historien et chroniqueur, beau-frère du Consul d'Albertas, a apporté une contribution tout à fait remarquable et ses manuscrits sont conservés à la bibliothèque municipale d'APT.

 

Quand l'histoire d'Apt croise celle d'Anne d'Autriche...

 

Anne d'Autriche et la fécondité

 La Reine Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, se trouvait dans l'incapacité de donner à la Couronne un héritier pour assurer la pérennité du Royaume.

Dans ce but, Anne d'Autriche faisait maints pèlerinages, mais sans résultats.

 

Les Aptésiens ont connaissance de ses déplacements et souhaitent la venue de la Reine dans leur ville. A cette fin, ils font savoir à sa Majesté qu'Apt conserve dans sa Cathédrale les reliques de Sainte Anne, sa sainte patronne, et qu'à ces reliques sont attachées une tradition de fécondité.

La Reine est très honorée d'une telle attention. Aussitôt, elle n'a de cesse qu'on lui fasse parvenir une partie des reliques.

Devant une telle demande, les Aptésiens dépêchent le Consul d'AUTRIC de VINTIMILLE afin de lui apporter les dites reliques.

Quelque temps après, le futur Roi Louis XIV vient au monde. Etait-ce les reliques ?

 

Toujours est-il que la Reine promet d'accomplir un pèlerinage à APT pour rendre ses dévotions aux reliques de sa Sainte
Patronne. Elle en est empêchée par la charge qu'elle a d'élever son fils, puis par la Régence du Royaume consécutive à la disparition prématurée du Roi LOUIS XIII (année 1643)

 

 

La Régence du Royaume

 

Anne d'Autriche exerce la Régence du Royaume en compagnie du Cardinal MAZARIN. Nous savons tous, les conséquences fâcheuses de cet exercice, qui débouche sur la Fronde (1648 journée des barricades, révolte des rubans bleus, soulèvement populaire et insoumission des Parlements de Province...). La fuite à Saint-Germain laisse un goût amer au futur Roi.

 

Fin du Cardinal Mazarin

 

Dès sa majorité et sa prise de pouvoir Louis XIV se sépare du Cardinal Mazarin et par la même occasion de toute la cour de
ce prélat. Or, dans la suite du Cardinal, il y a entre autre les peintres et artistes qui ont procédés à la décoration des appartements privés d'Anne d'Autriche, et parmi eux, un certain Giovanni Francesco ROMANELLI dit Il Viterbese.

 

Romanelli en Provence

 

Ce dernier, sans emploi, retourne vers l'Italie sa terre natale (année 1658). Chemin faisant, il s'arrête à Carpentras, ville où réside un de ses anciens protecteurs romain : le Cardinal BARBERINI, vice-légat du Pape son oncle (le Pape URBAIN VIII). Il réalise pour lui une alcôve ainsi qu'un décor plafonnant (années 1658-1659).

 

Visite Royale Annoncée

 

La visite du Roi avait été annoncée pour le printemps 1660. Sa Majesté, suivie de toute sa Cour avait pris le chemin des Pyrénées où devait se consommer son mariage avec l'Infante d'Espagne, arrêté dans le Traité de Paix que le Cardinal Mazarin avait ménagé entre les deux nations.

Le Roi avait résolu de venir visiter les reliques de Sainte Anne avant de sortir de Provence. Ce dessein n'a pu être exécuté par la peine qu'il y avait à loger toute sa Suite dans la ville.

 

 

Réception d'Anne d'Autriche à Apt

 

La ville d'Apt eût néanmoins l'avantage de recevoir la Reine, sa mère, avec Mademoiselle d'ORLEANS. Sa Majesté qui porte le nom de Anne et qui avait témoigné tant d'empressement autrefois pour avoir quelques portions des reliques de cette grande Sainte, ne voulut pas s'éloigner de l'endroit où l'on conservait son corps sans lui rendre ses voeux auparavant.

Elle entre dans la ville le 27 Mars 1660 par la porte de la Bocquerie. Les Magistrats la reçoivent sous un Arc de Triomphe
dressé à son intention, orné de différentes inscriptions, et la conduisent précédés des Capitaines de quartiers à la tête de leurs compagnies jusque la Maison du Sieur des Beaumettes (le Consul d'Albertas) que ses Maréchaux des Logis avaient préparés depuis quelques jours.


Elle y reçut les compliments de tous les corps de la ville.

Sa Majesté se rend le lendemain à la Cathédrale. L'Evêque qui l'attend à la porte la conduit dans la Chapelle Sainte Anne... Le lendemain, elle part pour aller rejoindre le Roi qui l'attendait à Avignon, et de là, toute la Cour se rend dans le lieu où doit s'accomplir l'alliance heureuse que les deux Nations attendent.